Vingt-deux heures.
Tu découvres la façade de l’hôtel. D’un bref regard dans la baie vitrée de l’entrée, tu replaces d’un geste furtif une mèche de cheveux torturée par le vent de Septembre. Le cœur un peu serré par la découverte de cet endroit inconnu, tu franchis la porte timidement, ne sachant pas où poser tes yeux. Le hall est désert ; tes pas claquent sur le marbre poli. Là, le réceptionniste affairé à je ne sais quoi, semble t’ignorer et ne te jettera un regard que lorsque ta silhouette disparaitra entre les portes de l’ascenseur.

 

Déjà, ton cœur s’emballe. Les deux étages avalés par le mécanisme te paraissent interminables, comme le long couloir qui se dévoile alors devant toi. Ton appréhension grandit encore.

 

Tu t’arrêtes devant la porte de la chambre, imposante, mal éclairée et mystérieuse. Un sentiment étrange t’envahit alors. Le doute, l’excitation, une sorte d’impatience mêlée à la peur d’aller plus loin. Mais tu dois la franchir, comme la petite fille qui rentre chez elle, honteuse d’avoir déchiré sa robe. Reculer serait trahir tes propres fantasmes, trahir ton esprit de femme, …me trahir! Tu sais que je suis là, derrière. Les pupilles dilatées par la quasi obscurité et l’excitation, l’inquiétude aussi, … j’attends.

 

Vingt-deux heures cinq. Ton retard a éveillé mes sens. J’ai bien entendu par deux fois des pas dans le couloir, mais je connais les tiens par cœur, et je sais que tu es là, prête à passer cet ultime obstacle, prête à te livrer à ton le plus secret.

 

Comme si nos deux esprits fusionnaient déjà, j’ai posé mon regard sur la clenche un instant infime avant que ta main hésitante se décide à l’actionner. Surpris alors par le mince rayon de lumière créé par l’entrebaîllement de la porte, je me plaque au mur, juste à coté de toi, dans un silence quasi total, juste troublé par la chamade des battements de ma poitrine.

 

Comme un chat, ton corps s’est faufilé, furtivement, et la pièce retrouve maintenant la pénombre qu’elle connaissait jusqu’à lors. …..son silence le plus absolu, aussi. Tu es là. Les yeux dans le vide, inquiète. Tu devines vite ma présence à tes cotés, mais tu demeures immobile, attentive et passive.

 

Je sais que tu attends. Notre scénario couché dans nos esprits complices tel un manuscrit prend forme. Je fais alors durer cet instant comme pour réécrire ce passage maintes fois imaginé, trop, peut-être. Le crissement du bandeau de coton sous mes doigts, un léger soupir de ta part, et la mise en scène de notre Empire des Sens pouvait débuter, … Emprise des sens.

 

D’un pas, je m’approche alors, et, le souffle court dans tes cheveux, je passe le mince tissu devant tes yeux. D’un geste élégant, tu me rassures alors quand tes mains viennent empoigner ta chevelure, abandonnant ta nuque à ce fardeau de toile. Le bandeau est noué, scellé. Tu es condamnée.

 

Tu es désormais privée de la vue, perdue dans cette pièce immense que tu n’as pas pu t’approprier. Tes pas se font hésitants et tâtonnants quand je te pousse délicatement vers le milieu de la chambre. Seule un instant, tu perçois le craquement d’une allumette d’ou naîtra la flamme d’une bougie, dont moi seul profitera de l’éclat….comme celui de ton corps. Tu te déchausses alors maladroitement, perdant presque l’équilibre ; j’esquisse un geste pour te rattraper, mais en vain. Debout, les pieds nus et les orteils repliés, les genoux un peu rentrés, tu sembles fragile, désarmée, presque victime. Je te regarde.

 

Je te regarde, longtemps……, et ce silence, ce silence!

 

La robe courte que je découvre te va très bien, légère, presque aérienne, et le chapelet de boutons dans ton dos encore recourbé ne tardent pas à céder sous mes doigts, un par un, lentement. Bientôt, ce tissu superbe sur ton corps, finira sur le sol, chiffonné, délaissé. Tu n’as presque pas bougé. Seulement, le creux de tes reins s’est cambré, …tu es belle!

 

Tu es désormais offerte, soumise, je le sens. Trop soumise peut-être. Et à mon tour, comme pour te voler à peu de ta douce honte, je me soumets un instant à ta grâce en embrassant tes douces jambes, les creux de tes genoux au haut de tes cuisses, doucement, amoureusement. Mes mains sur tes hanches, je fais alors glisser ta petite culotte lentement, presque religieusement découvrant centimètre après centimètre tes fesses merveilleuses, ….tu es belle!

 

De même, ton soutien-gorge de dentelle fine viendra à son tour rejoindre, sur la moquette de la chambre, les autres frous-frous qui font de toi une femme : bien inutiles désormais, trahis, désuets, orphelins de ton corps. Tu es belle. Tu es maintenant nue. ……tu es belle!

 

Soudain, le doute me ronge. Et si mon emprise sur toi était trop violente, trop sèche? La suite de ce câlin scénarisé ne va t-il pas aller trop loin dans le vice, la ? Que faire? Continuer sans rien dire? …..rompre le silence? Non! …tu m’as devancé! Peut-être impatiente, excitée : te voilà maintenant face à moi. Ton parfait est là, devant mes yeux, vendu à mes baisers. Je l’embrasse, le respire comme un fruit sucré, te fais sentir mon souffle chaud sur ton pubis parfaitement taillé, puis sur ta vulve déjà humide, hypnotisant, sacrée.

 

Mais que fais-je? Je suis désarmé. Petit garçon devant une vitrine de confiseries. Je me laisse trop aller, trop faible, trop envoûté. Je dois te dominer, bon sang, te rendre cet hommage animal qui te fait tant défaut. Comme si une part de haine devait à tout prix s’immiscer dans notre amour. Ma révolte doit sonner, maintenant!… Mais Dieu, …que tu es belle!

 

J’abandonne alors mes vêtements, mes yeux aussi se révoltent, et mon sexe à demi gonflé par ces minutes de contemplation se libère également, comme mon coeur qui reprend sa chamade de plus belle. L’excitation me gagne. Comme prévu, je te noue alors les poignets dans le dos, avec ce foulard en soie que tu m’avais confié quelques jours plus tôt, furtivement, presque honteuse. Tes mains délicates, si frêles, ne t’appartiennent plus désormais. Tu es à moi, ça y est! Toujours sans dire un mot.

 

Je te mets alors à genoux. Tu t’exécutes, passive et soumise. Tu sais ce qu’il va arriver, et le léger mouvement de ta nuque en arrière m’encourage à entamer nos douces hostilités : te caresser avec ma verge, comme tu voulais, comme dans ton ultime fantasme de soumission. A cette seconde, je suis tiraillé : t’humilier? Vraiment? Je dois oser, réagir. Mon gland vient alors frôler tes joues, ton nez, le contour de tes yeux, ton front. Tu ne peux qu’esquisser des baisers furtifs quand celui-ci contourne ta bouche. Je joue avec toi, avec tes lèvres, …longtemps. …Ton visage est l’esclave de mon plaisir. J’y dessine des arabesques imaginaires suivant les reliefs de tes traits fins, laissant parfois une gouttelette de liquide intime briller sur ta peau. Pendant quelques instants, je vais me caresser lentement à quelques centimètres de toi, sans que tu ne le saches. Je rentre dans mon rôle, doucement.

 

Mais je dois te brusquer encore d’avantage, combattre ma peine de te voir ainsi diminuée. Je présente alors le bout de mon appendice maintenant gorgé de sang entre tes lèvres. Tu as compris, ta bouche s’entrouvre. Fermement, mon gland vient alors buter contre le fond de ton palais, très vite, presque violemment. Tu es surprise, mais rapidement, ta gorge chaude excusera ce moment animal et donnera à mon phallus le plus sensuel des honneurs…..Parfois, mon sexe t’échappe, et les mains liées et aveugle, tu peines à le reprendre entre tes lèvres. Ta maladresse me fait sourire. Mon plaisir s’intensifie. Je suis subjugué, envoûté par la chaleur de tes bisous si intimes. Tes caresses sont fantastiques…je vais jouir, je le sens, que faire? Te le dire? Non, je vais au bout,… pour que toi, tu ailles au bout! …Toujours ce silence, ne pas le rompre,…non! L’orgasme arrive, il est très violent. Toute cette attente, ces craintes, ces tensions, tout semble passer par mon sexe dans ta bouche. Je jouis alors, intensément, retiens un râle de plaisir et déverse ma semence dans ta gorge peu habituée à ce supplice. Mes jambes flageolent. J’avais un instant oublié le tocsin infernal de mon cœur dans ma poitrine, je n’entends plus que ça, je ne pense plus qu’à ça. A cet instant, tu es ma chose, la victime de mes pulsions.

 

Soulagé, je quitte ton écrin infernal. De nouveau, la honte s’empare de moi. Qu’ai-je fait? J’ai humilié la femme que j’aime, abusé de son corps, cédé à mes envies les plus sauvages. Je suis un monstre!

 

Mais moi, moi, moi! Et toi? …tu es là, agenouillée, abandonnée. Je me reprends. Mon orgasme, je te le dois, mon amour, j’ai une dette de plaisir envers toi. Pas le temps de réfléchir, t’allonger sur le dos, par terre, vite, et aller titiller ton petit bouton. Vite! Je te libère les poignets, et viens butiner ta fleur! Ta vulve est trempée, c’est incroyable! Mes doigts sont maculés de ton liquide intime. Tu ne bouges toujours pas! Tu as confiance en moi, j’ai souillé ta bouche, mais je suis pardonné, je le sais!! Quelques coups de langues auront suffit enfin à t’arracher quelques soupirs. Tes cuisses se serrent et se desserrent autour de mon visage, c’est fabuleux. Parfois, je suis obligé d’avaler ton miel, tellement il coule le long de ton sexe, mais j’adore ça, c’est le miel des dieux, un nectar tropical, et ce soir tu sens très bon! ….tu es belle!

 

Aussi, pour la première fois ce soir, j’embrasse tes seins, je passe deux doigts de part et d’autre de tes tétons pour les exciter : ils sont tendus, gonflés. Je les suce comme un bébé, et mes mains voyagent sur ton corps, soulevant parfois ton dos du sol, tes reins cambrés, m’offrant ton intimité, ouvrant encore plus ta grotte. Parfois, je regarde ton visage. J’ai le sentiment d’y lire un roman érotique, j’imagine derrière ton bandeau tes yeux noyés dans le plaisir. ….Tu es belle! …Tu es belle!

 

Ta respiration est haletante, saccadée, ton sexe est ouvert comme une rose au printemps, tu es maintenant prête à me recevoir en toi. Mon pénis revigoré par cet instant de gourmandise, je décide alors de te pénétrer, non sans oublier notre scénario coquin. Toujours sans dire un mot, je t’amène près du lit, tes forces semblent t’avoir quittée. Alors, péniblement, je t’installe à ma guise, comme une poupée de chiffon. Ainsi, les deux genoux au sol, et le visage sur le coin du lit, tes fesses et ta vulve sont la proie de ma perversité. Tu es soumise, la croupe offerte, dominée. Mon excitation redouble d’intensité, mon sexe est presque douloureux : je suis à nouveau dans notre jeu, plus encore que jusqu’à lors. Pendant un instant, j’embrasse ton dos, le creux de tes reins et aventure un doigt dans ton nid brûlant.

 

Mais c’est trop tentant. Mon désir est bestial. J’empoigne alors mon sexe et viens coller mon gland à l’entrée de ta grotte d’amour. Comme tout à l’heure, mon geste est brutal, vif, animal et je te pénètre d’un coup, presque avec rage. Je sens le fond de ton vagin. Là aussi, pour jouer avec tes sens, je vais me retirer doucement, puis revenir en toi, …plusieurs fois. Je voudrais que tu me supplie de rester en toi. Mais chuuut! …..le silence! Mon sexe est trempé du mélange de nos deux liquides d’amour. A chaque venue en toi, j’ai l’impression d’être aspiré, c’est merveilleux comme sensation.

 

Cette fois, je reste dans ton ventre chaud. Je commence des va-et-vient langoureux, en appuyant chaque coup de reins! J’insiste sur l’endroit le plus sensible de ton sexe et je te sens accompagner le rythme de mon coït. Très vite, l’orgasme me guette et je dois me retirer plusieurs fois pour ne pas exploser trop tôt en toi. Mes doigts errent alors dans ton intimité, un puis deux, avec des mouvements très amples, rapides. Parfois, je te redresse, et passe mon bras sous ton ventre pour mieux caresser ton clitoris. Par instants, mon pénis vient se blottir malgré moi entre tes fesses, animé de soubresauts que je ne peux contrôler.

 

Je ne te laisse pas de répit, pas deux secondes sans que ta vulve soit titillée, excitée, j’accélère; je retourne en toi encore plus sauvagement, te tenant fermement par la taille. Mes reins ne travaillent plus : ce sont mes bras qui font glisser ton corps le long de ma verge! L’amplitude des mouvements s’intensifie et je sens mes bourses venir cogner sur ton pubis, ça fait presque mal! Toi, ton souffle est très court, tu étouffes des cris, tu gémis, tu pleures presque. Tes seins exécutent une danse quasi chamanique, transcendés par le rythme de nos deux efforts.

 

A ce moment là, nos deux sexes sont le centre de l’univers ; même si le ciel s’embrasait, rien ne nous arrêterait, la braise étant déjà dans nos deux corps mêlés, en totale harmonie. Un instant, j’ose même tirer ta chevelure, ramenant ta nuque en arrière. Puis, mes deux mains serrant ton cou, improvisent alors un semblant de strangulation, presque une menace, presque un viol. Tu es complètement à ma merci, ma chose, une chatte que le mâle en rut maintient avec ses dents par la peau du dos, et bientôt je sens l’intérieur de ton minou se contracter : tu jouis! Cette fois, tu n’as pas pu retenir ton cri, tes spasmes sont violents, longs et appuyés. Moi, le sexe serré par ton orgasme, j’atteins comme toi le zénith du plaisir et m’oublie dans la chaleur de ton ventre. De longues secondes, ma semence va se répandre dans ton nid d’amour et, épuisé, je vais me retirer lentement et pour la première fois ce soir, ………..je vais t’embrasser.

 

………………………Dieu que tu es belle!

 

 

 

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