*extrait du prologue du roman Passion Saphique en Eaux Usées de Ludwig Louton. Détails sur http://www.koakdesign.info/pseu

 

Harry a dix-huit ans depuis plus d’un mois. C’est un garçon assez sportif et musclé, à la peau couleur café. Il a trois dreadlocks très longs sur lesquelles il a enfilé des perles ovoïdes en bois. Son rêve : devenir couturier et dessiner des vêtements pour femme. Il retouche à sa façon beaucoup de ses habits.

 

La mer est plate. Harry est assis sur la planche à la lueur de la lune jaune. Devant lui est assise Vinciane, sa cousine qui a un an de moins que lui. Depuis leur plus jeune âge, ils se retrouvent chaque année. Enfant, ils ont dressé une complicité sans limite. Leurs deux familles dont les mères sont jumelles se retrouvent ainsi chaque été dans un camping de la région sarménienne. Vinciane est une jolie fleur couleur ébène, de petite taille et aux cheveux soyeux, aux oreilles un peu décollées et aux yeux bridés typique des Vanessiens.

 

— Alors, demande-t-elle ? Tu vas faire ton école de styliste ?
— Oui. J’ai fait la première année de commerce au lycée de Sernon et maintenant j’ai le droit de choisir un lycée qui fait les quatre années suivantes. Mes parents sont trop cools.
— Ouais, reconnait Vinciane. Cette école, ça doit pas être donné.
— Mais je logerai chez toi.
— C’est vrai, ça…

 

Il se jette sur elle et la fait tomber à l’eau. Elle crie puis elle remonte à la surface en riant.

 

— T’aurais pu me prévenir !
— Allez, on rentre, il doit être tard.
— D’accord, sourit-elle.

 

Elle précède Harry le temps qu’il mette sa planche sous le bras. Il la regarde sortir petit à petit de l’eau. En quatre ans, l’adolescence a bien fait son travail. Une poitrine a poussé, les fesses se sont arrondies et la démarche est plus sensuelle. Elle se retourne vers Harry qui la rattrape, son bermuda rouge collé à ses jambes.  Harry lui saisit la main sans vraiment faire attention, comme se la donneraient deux enfants. Elle le fixe du regard avant d’esquisser un sourire puis ils continuent sur le sentier de sable entouré des dunes. Ils arrivent jusqu’au terrain de camping au sol couvert par la mousse sèche et entouré de grands buissons cicatrisants et de hauts arbres typiques des dunes. Les parents sont couchés, peut-être les petits frères et les petites sœurs traînent-ils encore à jouer à dévaler les plus hautes dunes en roulant. Lorsque leurs mains se détachent, Harry s’aperçoit alors qu’il se sent soudain nu. Elle ouvre la tente qu’ils partagent depuis leur plus jeune âge et ils s’y faufilent. Vinciane ôte son maillot deux pièces en même temps qu’Harry. Puis, elle allume sa lampe de poche ronde et plate. Elle se dirige vers l’ouverture de la tente pour la fermer et Harry la dévisage. Il admire le reflet de la lumière sur le corps sombre de sa cousine penchée à quatre pattes devant la fermeture. Elle se retourne.

 

— Quoi ? demande-t-elle.
— Je t’admire, c’est tout.
— Tu devrais être habitué depuis qu’on se connaît.
— Ben tu es de plus en plus belle.
— Tu me trouve jolie ?
— Y a pas plus jolie que toi sur Vanessa.

 

Elle sourit en se glissant sous les draps. Elle éteint la lampe et dit :

 

— Je t’adore Harry. Heureusement que tu existes. Bonne nuit.

 

Elle dépose un baiser tendre sur sa joue. Harry s’aperçoit qu’au bout de tant d’années c’est bien plus qu’une amitié fraternelle qu’il ressent pour elle. Il sait qu’il ne peut aller plus loin mais il faut qu’il lui dise. Il se dresse sur ses bras et se penche vers Vinciane. Il lui rend son baiser délicatement sur les lèvres.

 

— Je voulais que tu le saches.

 

Il se rallonge sur le dos de son côté, le cœur battant, complètement paniqué de ne pas savoir comment sa cousine l’interprète à ce moment même. Vinciane reste silencieuse. Il bafouille :

 

— S’il te plaît, je veux que ça ne change rien entre-nous. Mais depuis deux ans, j’ai compris que tu es bien plus pour moi. Je suis malheureux loin de toi…
— Tu te souviens d’il y a deux étés ? l’interrompt-elle. Tu me faisais essayer des habits que tu fabriquais pour moi. Quand tu rajustais, tu coiffais mes cheveux, tu me tenais les hanches, tu touchais mes seins, l’air de rien mais moi, j’aimais bien. Et maintenant que tu m’embrasses, je comprends ce que tu ressens.

 

Elle se penche au-dessus d’Harry et l’embrasse. En guise de réponse, Harry ouvre la bouche et accueille la langue de Vinciane.

 

— Tu veux bien passer la nuit avec moi, juste pour dormir, la rassure-t-il.

 

Elle soulève les draps de Harry et se glisse auprès de lui. Il touche ses fesses, la serre contre lui et elle sent le sexe de Harry entre eux-deux. Elle se sent très mal à l’aise mais laisse Harry faire, comme quand il l’habillait autrefois. Elle se laisse diriger uniquement par ses instincts et non sa raison. Elle l’embrasse à nouveau et la nuit les dirige au-delà de la promesse d’Harry. Elle le sent entrer dans son ventre. Mais plus rien d’autre ne compte. Elle veut aussi que cela se passe comme ça.

 
Le lendemain, tout et rien a changé. Leur journée ressemble à toutes les autres mais… avec une intimité, un secret immense à garder, celle d’une nuit dont ni l’un ni l’autre n’a honte. Harry et Vinciane sont à nouveau dans l’eau. Il est bientôt minuit. Enlacés nus l’un contre l’autre, ils rient de leur journée. Ils ont retrouvé un peu des jeux de leur enfance en se cachant continuellement pour se voler un baiser ou en se faisant des gestes discrets sous la table sans éveiller les soupçons de leurs parents, leur regard complice ne se lâchant presque jamais. Vinciane grimpe sur la planche et s’allonge. Harry entreprend de recouvrir son corps salé de petits baisers puis il la fait revenir ainsi vers la plage. Vinciane se redresse puis court, incitant Harry à la poursuivre s’il la désire vraiment. Il n’a aucun mal à la rattraper, sans voir sur les talus qui bordent la plage leurs petits frères qui les regardent s’attraper et se poursuivre à nouveau chacun leur tour dans un ballet rythmé par leurs rires. Ils sont toujours observés lorsque Harry fait tomber Vinciane sur le sable et qu’il embrasse le ventre de sa fiancée illégitime, puis la poitrine et enfin la bouche, leurs doigts entremêlés.

 

Ils enfilent ensuite leur maillot pour remonter jusqu’au terrain de camping. Les parents dorment déjà. Une fois dans la tente, les deux amants s’empressent de se dénuder pour connaître à nouveau le plaisir de la veille. Vinciane brûle d’impatience et elle se plaque contre le torse musclé de son cousin. Elle presse sa poitrine contre la sienne et enlace sa taille. Le long de sa jambe, elle sent l’érection déjà puissante de son compagnon. Son ventre à elle brûle de désir et elle se love plus contre lui pour l’inciter à la pénétrer. Il l’allonge doucement, après un baiser mielleux. Elle ferme les yeux pour se délecter des vas et viens doux et généreux de Harry. Elle le trouve vite pas assez entreprenant et s’agrippe à lui. Il s’arrête. Elle allonge Harry sur le dos et frotte leurs deux pubis l’un contre l’autre pour diriger son cousin à nouveau à l’intérieure d’elle-même. Il y glisse doucement, guidé par la rosée qui gaine l’intimité de Vinciane. Ce simple mouvement le fait rendre sa semence. Il lâche un râle sourd puis lui susurre :

 

— Ne t’arrête pas.

 

Vinciane reprend ses allers-retours de plus belle. Harry porte des mains d’admiration vers la poitrine. Elle arrête ses mouvements amples et poursuit avec de simples mouvements de bassins en cercle. Elle se délecte des doigts amoureux de Harry sur sa poitrine puis sur ses tétons. Elle s’allonge sur lui, l’embrasse amoureusement puis frotte son entrejambe sur le bas ventre de Harry, toujours en elle.

 

Ses mouvements allant en s’amplifiant, elle se procure ce qu’elle cherchait. Elle ferme les yeux, serre les dents tandis que tout son corps lui dit de crier de plaisir et que ses muscles se serrent autour du sexe de son cousin.

 

Elle s’allonge sur lui. Il se retire doucement, bien que n’ayant pas assouvi le désir qui est revenu en lui. Il lui caresse le visage. Elle sourit, comblée. Il est heureux de l’avoir menée au septième ciel. Elle hume le buste en sueur de Harry, sa gorge et il la berce contre lui en murmurant qu’il l’aime.

 
Mais le lendemain ne ressemble pas à la veille.

 

Vinciane et Harry se tiennent côte à côte, debout devant leurs familles. Il y a leurs parents, les deux petits frères d’Harry, le jumeau de Vinciane. Tous deux revoient leur réveil : enlacés, nus au milieu de la tente, dans une félicité parfaite… jusqu’à ce que la mère de Vinciane ouvre la toile soudainement et pousse ce cri outré. Les deux amants interdits ignorent que leurs parents ont réagi suite au récit de leurs cadets.

 

— Non mais vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ! aboie le père d’Harry. Vous êtes de la même famille !
— Mais je ne suis pas fécondée, murmure timidement Vinciane.
— Il ne manquerait plus que ça ! siffle sa mère d’une voix aiguë. Comment avons-nous pu te faire confiance. Tu n’es qu’une traînée… je n’ose pas croire que tu es ma fille.

 

Vinciane se mit à pleurer. Sa mère n’en a pas terminé :

 

— Il est maintenant inconcevable de passer encore des vacances en bord de mer sans t’enfermer ou te surveiller. Et inconcevable de revenir ici !
— Ce n’est pas elle qu’il faut punir, c’est de ma faute, la défend Harry.
— Ah ! C’est de ta faute ? s’exclame la mère de Vinciane. C’est autant la sienne que la tienne.
— Je suis d’avis de ma sœur, renchérit la mère d’Harry. Tu voulais poursuivre ta carrière de styliste dans cette école qui allait nous coûter les yeux de la tête ? Tu peux faire une croix dessus. Il y a eu des désistements de masse à l’école de commerce. Tu seras en internat toute l’année. Il est hors de question que j’abrite sous mon toit un… violeur.
 

 

Harry écarquille des yeux pleins de colère. Le mot employé est trop fort. Il ne peut croire que sa mère le voit ainsi.

 

— Vous n’avez pas le droit de le punir comme ça ! C’est son rêve la couture ! s’écrie Vinciane.
— Et te faire ce qu’il t’a fait, c’était aussi son rêve ? réplique la mère d’Harry.
— C’est ma faute, sanglote-t-elle pour Harry.

 

Harry l’enlace contre lui et glisse ses mains dans ses cheveux.

 

— Monte en voiture ! ordonne le père d’Harry.

 

Il ne bouge pas d’un pouce. Vinciane se sent protégée par tant de dextérité. Elle serre plus fort la taille de son cousin.

 

— Qu’est-ce que j’ai dit ?!
— « Monte en voiture », répond Harry d’une voix voilée.
— Qu’est-ce que tu attends ?!

 

Harry ne bouge pas. Le père de Vinciane n’intervient pas ; ce n’est pas le genre. Mais son épouse attrape Vinciane par le bras. Vinciane embrasse Harry langoureusement avant que sa mère et le père d’Harry ne les éloignent l’un de l’autre.

 

— Je t’aime ! crie-t-elle.

 

Sa mère la gifle si violemment qu’elle tombe au sol au pied de la voiture. Harry monte dans la sienne pour ne pas en recevoir une de son père puis ils s’éloignent.

 
Jugeant qu’il faut une punition sévère, et un éloignement de ce cousin, la mère de Vinciane décide deux jours plus tard en voyant une offre d’emploi, de l’envoyer travailler dans les égouts sur Nestor II.

  
 
*extrait du prologue du roman Passion Saphique en Eaux Usées de Ludwig Louton. Détails sur http://www.koakdesign.info/pseu

 

 

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